| Le
Rémouleur

Au
Moyen-Age, on distinguait deux types de rémouleurs : les forcetiers et les
émouleurs de forces.
Les
premiers, qui devinrent plus tard les couteliers, réalisaient les grandes forces
comme les ciseaux à tondre, tandis que les seconds affûtaient les lames d'outils sur
les meules.
Cependant, au XIXè siècle, le rémouleur ambulant, appelé aussi
gagne-petit, actionnait avec le pied, pour l'affûtage, une planche qui
faisait tourner le meule.
On lui a
donné alors le nom de rémouleur à la petite planchette.
Le
gagne-petit auvergnat porte toujours les cheveux longs, un habit loqueteux et
des sabots, contrairement à ses pairs chaussés de
souliers.
Sissi
Jean
Marie le rémouleur
Il était parti de Razecueillé, près du col du Portet-d’Aspet, dans
les Pyrénées, non pas avec un ours, mais avec une meule plus petite que
celle-ci, qu’il tirait ou portait sur le dos quand la pente était trop
raide, car il était d’une grande force. Il couchait dans les granges,
se faisait offrir une soupe, et de la sorte il est arrivé à Belvès en
Périgord. Mais là, son voyage s’est terminé après sa rencontre et son
mariage avec la cuisinière de l’Hôtel où il descendait toutes les
semaines, une demoiselle Lesvigne. Marie était le prénom habituel, mais
Couret l’appelait Germaine, le prénom officiel, quand il était en
colère.
Un Pyrénéen de cette trempe ne se sédentarise pas d’un jour à
l’autre. Belvès étant maintenant son point d’attache, Jean-Marie part
pour des tournées d’une semaine, jusqu’à trente kilomètres à la ronde.
Son chien Turk l’aidait à tirer la meule. Le pécule amassé pendant sa
guerre de 14-18 lui permet d’installer un atelier et de devenir
sédentaire, tout en étant présent sur les foires de la région. Il ne se
limite plus à l’affûtage et vend tous les outils qui coupent avant de
devenir quincaillier.
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